Succès des Lib-Dems: deux espoirs pour le MoDem

« Nous avons eu 65 ans de Travaillistes et de Conservateurs : les mêmes partis se succèdent et font les mêmes erreurs, vous laissent tomber. C’est le moment pour quelque chose de différent. C’est le moment pour quelque chose de meilleur » affirme Nick Clegg en exergue de l’introduction du Manifeste des Lib-Dems. Nick Clegg le leader des LibDem enregistrera le 6 mai prochain, nous l’espérons, une victoire sans précédent pour les Libéraux-Démocrates aux législatives britanniques sur la base d’un projet politique alternatif fondé sur l’équité et la justice et une stratégie politique basée sur l’INDEPENDANCE.

Comme le souhaite notre ami démocrate L’hérétique sur son blog (cité par Marianne) « puisse cet exemple inspirer le MoDem pour son avenir ».

En effet, contrairement à ce qu’indique Bernard Lehideux à Médiapart « «Il y aurait un côté ridicule à se précipiter sur le succès de Nick Clegg (candidat des Lib dems). Mais l’idée selon laquelle une voie démocrate socio-libérale se développerait nous intéresse et François connaît bien Clegg.»  il est tout sauf ridicule pour le MoDem  de regarder ce qui se passe outre Manche.

Certes il convient d’être prudent tant vérité en deçà des Pyrénnées peut être erreur au-delà, mais pour nous il convient d’en retenir au moins deux enseignements majeurs :

–  un mouvement démocrate INDEPENDANT est viable et peut valablement trouver sa place durablement sur les échiquiers politiques des pays européens. Nous l’avons toujours affirmé ici, y compris dans un système institutionnel cadenassant la vie politique dans la bipolarisation, l’indépendance réelle est une force est nullement un handicap, elle est comprise dans la durée lorsqu’elle s’appuie sur une doctrine claire et constante (« Libéraux démocrates sont différents. Quand il s’agit de prendre des grandes décisions -sur les banques, sur l’environnement, sur la guerre en Irak- nous sommes le seul parti qui a parler vrai » peut affirmer Nick Clegg).

L’essentiel est dans la force d’un message rassembleur comme « la France de toutes nos forces » ou comme « Building a fairer Britain » (construire une Angleterre plus juste) et surtout d’une pratique politique nouvelle « change that works for you » (le changement pour vous): les citoyens d’abord !

Le succès des Lib-Dems serait une double  raison d’espérer pour les démocrates du MoDem :

1) Les Lib-Dems est un mouvement « ailleurs » et non pas centriste

Notre ami Jean-François Kahn a raison, les libéraux-démocrates, au vu de leur manifeste, ne sont pas un parti « centriste »  mais un mouvement « ailleurs ou autre part ».  Jean-François Kahn a une nouvelle fois raison : « C’est de cette cohérence-là (ndl : celle de la doctrine), c’est de ce refus de se recroqueviller, soit sur un positionnement topographique, soit sur le culte d’un chef, que le Parti Libéral anglais (qui lui, il est vrai, n’a pas été constamment subverti par les trahisons) récolte aujourd’hui les fruits. »
Reprendre les traditionnels poncifs français et la classification de nos adversaires politiques en indiquant que les les Lib-Dems seraient de centre-droit en économie et de centre-gauche sur les questions de société est passer à côté de ce qui fait la force de tout mouvement démocrate et que les Lib-Dems mettent fort à propos comme le marqueur essentiel de leur identité politique : le retour à l’équité en commençant par REDISTRIBUER LE POUVOIR. Voir page 9 du Manifeste (excuser par avance les lacunes éventuelles de la traduction) « A la racine des problèmes actuels de la Grande Bretagne est l’échec dans la distribution équitable du pouvoir entre les gens. Le pouvoir politique a été confisqué par les politiciens et l’Administration; le pouvoir économique a été trusté par les grandes entreprises. Les deux sortes de pouvoirs ont été enlevés aux citoyens ordinaires, nous laissant avec une société fragile marquée par les inégalités, la dégradation de l’environnement et une économie en récession. Si la politique du gouvernement est changée à la marge (l’approche des Travaillistes et des Conservateurs) les problèmes de la Grande-Bretagne ne seront pas résolus. Nous ne pouvons changer cela que par une action radicale » La philosophie Libérale Démocrate est basée sur une simple ambition : distribuer équitablement le pouvoir aux citoyens. De cet objectif du Printemps de l’équité, nous tirons les quatre priorités  qui sont la colonne vertébrale de notre Manifeste. Chacune de ces priorités va redistribuer le pouvoir de façon différente, qu’il soit économique, social, politique ou financier. Chacune va changer la Grande Bretagne pour le meilleur ».

Sauf erreur de ma part, le coeur des convictions des Lib-Dems est proche de l’intuition de Marc Sangnier concernant la démocratie comme “l’organisation politique de la société qui vise à porter à son plus haut degré la conscience et la responsabilité des citoyens” auquel notre Mouvement se réfère fort opportunément (voir livret d’accueil du MoDem page 5).

Si le succès des Lib-Dems est l’occasion pour le MoDem de retourner à ses fondamentaux c’est une première source d’espoir pour les Démocrates.

2) Le Manifeste des Lib-Dems est un projet humaniste ambitieux

Comme le remarque l’Hérétique le programme des Lib-Dems est fort bien construit, clair, accessible, direct et concret tout en dégageant une impression de robustesse et de clarté de la doctrine dont « la société équitable » (fairness society) assure la cohérence avec une grande efficacité.

Les problèmes de la société britannique pointés par les Lib-Dems étant assez largement ceux de notre pays et ce depuis un moment c’est sans surprise que nous y retrouvons des thèmes de la campagne de François Bayrou en 2007.

Nous sommes de ceux qui pensent que, s’il convient parfois d’adapter les messages en fonction des évènements de la vie politique, le temps politique est fort heureusement UN TEMPS LONG pour ceux qui ambitionnent à la fois d’installer un mouvement politique dans la durée (voir MoDem objectif 2112), comme pour ceux qui souhaitent endosser les habits de l’homme d’Etat. La constance et la patience sont donc deux vertus cardinales pour des démocrates.

Nous sommes donc heureux de constater qu’entre le Manifeste des Lib-Dems et le projet humaniste du MoDem il y a une grande convergence sur les orientations. Toutefois, nous tenons à saluer la force de l’impact du message structuré autour de cette idée essentielle en démocratie qu’est l’équité; la justice voire l’honnêteté. Lorsque nous ouvrons un dictionnaire des synonymes anglais  nous ne pouvons qu’être ému par la force de ce « fair » (pour juste) pour un démocrate : disinterested, even-handed, honest, honourable, impartial, just, lawful, legitimate, non-partisan, open-minded, proper, right, unbiased, unprejudiced, upright. Il en serait de même pour « fair » comme synonyme d’acceptable.

Cette approche nous séduit d’autant plus que nous avons toujours plaidé ici pour un MoDem indépendant dont la seule boussole idéologique serait l’intérêt général. Or qu’est-ce qu’une société juste ou équitable si ce n’est une société au sein de laquelle l’équilibre de l’intérêt général est toujours recherché par les élus du Peuple?

Les 4 priorités des Lib-Dems pour la Grande Bretagne ne sont-elles pas aussi des questions essentielles pour notre pays?

– Des impôts justes dont vous avez un retour dans vos poches,

– Une chance égale pour chaque enfant,

– Un avenir juste, créant de l’emploi en rendant la Grande-Bretagne plus verte,

– Un contrat honnête envers vous de la part des hommes politiques.

Ces constats permettent d’entretenir un second espoir, résultant de la conviction profonde que ce ne sont pas les valeurs ni le positionnement indépendant du MoDem qui ont été à la source de ses difficultés électorales récentes, mais bien au contraire, l’absence de constance et de clarté avec laquelle ce projet et cet espoir nouveau pour les citoyens français a été porté.

En politique seule la clarté et la constance des convictions porte des fruits dont il faut attendre patiemment la récolte. Dans Abus de pouvoir François Bayrou indiquait que l’essentiel est de « donner confiance à la société ».

Soyons heureux et fiers comme Démocrates que Nick Clegg soit en mesure d’y contribuer largement en Grande Bretagne ! Celà serait déjà un bon signe pour notre propre avenir!

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Vérité, vision, équilibre, rassemblement

Chiche ! François Bayrou a fort amicalement transmis à chaque membre du Mouvement sa déclaration au soir de ces élections régionales qui ont marqué comme l’aboutissement d’un cycle pour cet élan d’espoir pour notre démocratie né en 2007 autour d’une idée simple et nouvelle « construire la France de toute nos Forces »!

Il était simple pourtant de faire vivre cette généreuse idée porteuse de tant de promesses : fin de la bipolarisation stérile, rassemblement des forces démocratiques et républicaines sans exclusive, intervention des citoyens dans les décisions les concernant, équilibre des pouvoirs, réalisme économique et ambition sociale réconciliés,…

D’autres voies, d’autres chemins ont été empruntés et trois ans plus tard, en sus d’être probablement à la croisée des chemins, notre Mouvement est pratiquement revenu, aux dires mêmes de François Bayrou, au point de départ…celà n’est sûrement pas une raison pour baisser les bras!!!

La France et les Français ont plus que jamais besoin de prendre en mains leur destin, collectivement et sans esprit partisan.

Partisan d’un MoDem autonome, indépendant, fédérateur d’initiatives citoyennes, bref d’un MoDem « outil du citoyen », nous faisons notres les 4 axes donnés par François Bayrou comme autant d’exigences que les responsables politiques du MoDem devraient se donner pour servir les Français.

Vérité : Promettre « du sang et des larmes » n’est pas un programme électoral facile à endosser, n’est pas Churchill qui veut! Comment prétendre remporter une élection en promettant la rigueur de gestion, la fin des prébendes, la remise en cause des « situations de rentes » et des « niches fiscales et sociales » qui alourdissent le bateau France? Comment s’attaquer aux « privilèges » qui sont chez les autres  ce qu’on considère pour soi comme un « acquis »??? Et l’exigence de vérité avec la bonne dose de courage politique qu’elle suppose ne concerne pas que le domaine économique et social, mais presque tout les domaines de la vie publique tant les schizophrénies françaises comme les pointent Ezra Suleiman sont les plaies « d’une France (non pas bloquée) qui refuse de corriger ses défauts ». Il n’est pire sourd que celui que ne veut entendre… notamment les vérités…

Renoncer à dire ce que l’opinion souhaite entendre serait en effet, un progrès important pour notre démocratie. Chiche !

Vision : Situer la fonction présidentielle au niveau de la vision que l’homme d’Etat se doit d’apporter pour son pays, justement pour être reconnu à ce titre, est une nécessité. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’il convient de mettre sous ce vocable de vision, et surtout ce dont la France et les français ont réellement besoin dans le domaine politique. Pour nous, citoyen de base, celà n’est pas tant « un projet » et « des valeurs » dont la France et les français ont le plus besoin mais de responsables politiques qui les incarnent réellement et les font vivre au quotidien dans leurs actions!!!! Le papier ne refuse pas l’encre et les promesses n’engagent parait-il que ceux et celles qui les écoutent.

Le vrai changement en politique ce ne sont pas les « discours nouveaux » (ils fleurissent à chaque élection et se fanent aussi vite que les fleurs une fois l’état de grace terminé) ce sont d’attitudes nouvelles. Ce sont les pratiques et les attitudes qui séparent déjà et sépareront toujours ceux qui professent et mettent en oeuvre un « Yes I can » là où d’autres s’essaient à un « Yes we can! ».  Comme insiste Claude Onesta entraineur de l’équipe de France de sport collectif la plus titrée (handball), la force de cette équipe c’est qu’au sein de celle-ci, il n’y a pas de vedettes, mais que chacun des équipiers sait que la vedette c’est l’équipe ! Si demain la France, veut avoir à nouveau confiance en elle, elle doit comprendre que les « chacun pour soi » et « l’Etat pour tous » ne sont plus de mise, et que les victoires seront collectives ou ne seront pas.

Disposer d’un leader politique susceptible d’incarner le renouveau démocratique dont le pays a besoin pour se mobiliser et partir à la conquête de nouvelles frontières renouvelant le « vouloir vivre ensemble » là encore nous disons Chiche !

Equilibre : Probablement faut-il le définir ici comme « juste disposition entre des choses opposées ». A la suite de Jean-François Kahn il est aisé d’affirmer que « le centrisme » est révolutionnaire et que celà n’est pas l’extrémisme ou l’outrance d’une position qui en détermine sa capacité à transformer le réel à l’avantage du plus grand nombre de nos concitoyens. Si la démocratie est le régime politique de la délibération en vue de la recherche de l’intérêt général, rien n’indique que la mesure « juste » soit celle qui se trouve au mitan, au centre de deux « vérités » antagonistes mais sans doute quelque part « ailleurs » où l’intelligence collective des hommes aura imaginé une solution conciliant au mieux ces oppositions. L’homme d’Etat soucieux de la justice au sein de la Nation, est celui qui croit en la capacité des citoyens, souvent par itérations successives, à trouver les bonnes approches pour concilier les attentes respectives des uns et des autres.

L’équilibre ne se confonds donc pas avec l’impartialité (entre le fort et le faible il faut parfois savoir choisir), avec la modération (pour tenir tête à des intérêts antagonistes qui peuvent être l’un et l’autre puissants il faut être résolu) ni avec un syncrétisme du genre mi-chèvre mi-chou (le tout étant souvent plus et très différent de la somme des parties).

Dans notre pays l’on cultive plus volontiers ce qu’il est d’usage d’appeler « les passions françaises » que l’esprit de mesure, ceci d’autant plus que la bipolarisation de la vie politique française incite davantage les responsables politiques « à cliver leurs discours » plutôt que de « rassembler leurs énergies » pour résoudre les problèmes réels des français.  Chercher l’équilibre dans ce contexte relève d’une audace dont il conviendrait de signaler le côté révolutionnaire, là encore nous disons Chiche !

Rassemblement : Aux pays des Lumières nous pourrions espérer qu’avec un esprit de vérité, une vision au service du pays, et la recherche de l’équilibre en toutes choses, il soit aisé de rassembler les français. Nos ancètres ont même patiemment élaborés toutes sortes de fictions toutes plus utiles les unes que les autres au citoyen d’aujourd’hui pour arriver à celà : le Peuple, la Nation, la République pour ne citer que les plus glorieuses.

Force est de constater à ce jour, que la dégradation des moeurs politiques, l’irresponsabilité ou la vacuité des responsables politiques comme des citoyens, et toutes sortes de raisons dont « l’autre » est forcément toujours le premier responsable, ont abouti à ce que le rassemblement de la plus petite « chapelle politique » confine souvent déjà à l’exploit ! Il est même certain que l’un des thèmes sur lesquels l’on se déchire le plus est celui là même de « comment opérer ce « rassemblement » ? sans parler du « pour quoi le faire »? et encore plus du « avec qui »?

Donc rassembler est une idée ambitieuse là où la plupart des leaders politiques s’arrêtent à additionner des « voix de gauche » ou des « voix de droite » complétées (par dépit) de « voix centristes »…

Oui rassembler est un défi! Oui une France de toutes nos forces reste une idée neuve ! là encore nous disons Chiche à qui voudra bien continuer à la faire vivre et prospérer….

Pour mémoire voici la citation de François Bayrou qui a inspiré ces propos:

« Les temps viennent où les Français vont découvrir la véritable situation de notre pays, et se demanderont comment reconstruire. À ce degré de gravité, j’en ai la certitude, on ne pourra pas reconstruire dans l’affrontement sourd d’un camp contre l’autre. Au contraire, les Français auront besoin de responsables politiques qui leur disent la vérité, qui proposent un projet de société différent et équilibré, et qui aient la volonté de rassembler. De vérité, de vision, d’équilibre, de rassemblement, la France un jour aura besoin autant que d’air pour respirer. »

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Autonomie d’un MoDem « citoyen » : cela avance !

Le MoDem de la base au sommet serait-il en train de se ressaisir ? Nous l’espérons vivement. La déclaration de Yann Wehrling au Figaro consacrant ce qui est pour nous depuis toujours la raison d’être et le gage du succès du MoDem est une grosse bouffée d’oxygène dans cette campagne des régionales.

Citons intégralement Yann Wehrling car nous n’avons en tant que promoteur d’un MoDem indépendant fédérateur d’initiatives citoyennes et vrai outil au service des citoyens rien à y ajouter et rien à y retrancher :

« Si toutefois vous dépassez les 5 % au premier tour, avec qui fusionnerez-vous au second ?

La question, c’est de savoir qui veut travailler avec nous plutôt que de dire avec qui nous, nous voulons travailler. En politique, j’ai une vision allemande : c’est-à-dire que je suis pour des pacs politiques et pas pour des mariages. En d’autres termes, je suis pour des coalitions de mandature, ce qui ne veut pas dire pour la vie. Aussi, pour l’heure, je n’évacue aucune hypothèse d’alliance de second tour au nom de ce principe du dépassement des clivages. »

Cette affirmation reprends un triptyque AUTONOMIE – OUVERTURE – CONTRATS DE MANDATURE que nous croyons seul gagnant pour le MoDem.

Ceci évidemment à condition d’abord de l’inscrire dans la durée (MoDem Objectif 2112!) et ensuite d’abandonner l’idée d’alternance présidentielle au profit de celle d’alternative citoyenne, et cela « c’est pas gagné », mais que les démocrates et promoteurs d’un MoDem outil du citoyen s’affirment davantage et c’est encore réalisable…

Autonomie du MoDem : le mouvement l’a entérinée pour le 1er tour des élections régionales, François Bayrou l’a évoquée pour le second tour avant d’infléchir sa position en excluant toute participation à un exécutif UMP sans l’exclure pour un exécutif PS voire Europe Ecologie. Comme l’indique Yann Werhling, dans la logique du dépassement des clivages fondatrice du MoDem et de listes « les régions de toutes nos forces », la seule voie cohérente est l’indépendance d’un MoDem fondant une plateforme électorales résolument « citoyenne » avec d’autres forces démocratiques sans exclusive dans le cadre d’un contrat de mandature.

Lorsque 67% des français ne se reconnaissent politiquement ni dans la droite ni dans la gauche seul l’aveuglement lié à des ambitions présidentielles peut permettre d’affirmer que les français ne sont pas en mesure de comprendre les contrats et coalitions de mandature… Il est certain que la classe politique « gauche-droite » voyant l’immense risque de perte de son monopole de confiscation des pouvoirs au profit de citoyens soucieux de peser réellement sur les exécutifs fait tout pour torpiller cette idée, mais si elle avait été sans cesse réaffirmée depuis 3 ans elle serait entrée petit à petit dans l’esprit de nos compatriotes.

Ouverture : « la question est plutôt qui veut travailler avec nous? » Un MoDem toujours positionné sur son ambition initiale de mettre un terme à la bipolarisation qui gangrène notre vie politique et plus encore la démocratie dite délibérative est par nature fédérateur de talents, d’énergie et d’idées d’hommes et de femmes muent avant tout par l’envie de servir leurs concitoyens. Lorsque débarrassé de l’idée de « camp » ou de « clan » c’est l’intérêt général qui redevient la seule boussole idéologique d’un mouvement, il est facile de dépasser les « arrangements d’appareils » faits de ce que la politique compte de moins noble par une vertueuse recherche de compromis sur sa face la plus généreuse la recherche du bien commun et du « vouloir vivre ensemble ».

Contrats de mandature : cette approche porte dans sa définition même la pertinence et la générosité de son ambition. Elle assemble deux des plus beaux mots et concepts susceptibles de tirer la vie politique vers le haut alors que tant de « responsables » politiques la tire chaque jour vers le caniveau. Le contrat lie des partenaires capables de s’engager en conscience et librement dans un projet commun partagé. Un mandat est cet acte par lequel le Peuple aliène provisoirement et volontairement à ses représentants une part de son pouvoir de citoyens pour qu’il en fasse un bon usage au service de la collectivité. Le contrat de mandature est le nec plus ultra des outils de la démocratie représentative. Le MoDem est bien placé pour en réhabiliter la légitimité et la popularité.

Si ces élections régionales que l’on pressent difficiles pour notre Mouvement pouvaient avoir servi de révélateur de l’impérieuse nécessité de revenir aux sources du MoDem, cela sera déjà une grande victoire pour les démocrates.

Sur ces bases d’autonomie, d’ouverture et de contrats de mandature nous pouvons en espérer d’autres.

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Les Régions de toutes nos forces !

De quoi le MoDem est-il le nom? Du moins dans l’esprit des démocrates les plus sincères qui l’ont rejoint. Il est le nom d’une idée que François Bayrou vient de rappeler (et dont il serait heureux qu’il en assume toutes les conséquences) à savoir que « la guerre gauche-droite ne résoudra rien » et que le sursaut de la France passe par le réveil de toutes ses forces (républicaines et démocrates)! C’est la France de toutes nos forces comme nouvel horizon politique qu’il nous appartient collectivement de reprendre. Ici nous y avons été et nous y seront toujours fidèle. Nous ne cautionneront jamais une autre orientation du MoDem parce que tout simplement c’est la seule qui nous semble utile pour le pays.

Le renouveau du pays ne passera pas par l’élection présidentielle, calamité emblématique de tous les maux de la démocratie française, mais par la reconquête du pouvoir par les citoyens d’abord au niveau local.  C’est la concrétisation de l’idée essentielle portée par François Bayrou dans Abus de pouvoir : donner confiance en la société.

Cette reconquête du pouvoir passe par les citoyens passe par trois idées simples qu’il nous faut remettre en avant :

– la démocratie est le régime de la délibération des citoyens en vue de la définition de l’intérêt général.

Elle n’est pas le régime d’un pays où un peu plus de 50% des électeurs « ont raison » contre un peu moins de 50% d’autres. Ce système n’a jamais fait avancer aucun grand problème de façon radicale dans notre pays. Il en va encore plus ainsi au niveau local ou régional où avantage de la proximité des lieux de « pouvoir » avec les citoyens d’une part et « taille plus humaine » des enjeux, des territoires, des dossiers à traiter favorise les échanges entre les différents acteurs impliqués dans la gestion de la chose publique.

La politique est donc affaire d’écoute, d’échanges d’arguments et de synthèse en vue d’élaborer des propositions parmi lesquelles les représentants du peuple ou le peuple lui même tranchent.

Il nous faut donc dans cette campagne proposer c’est-à-dire diffuser et discuter le programme du MoDem et ses déclinaisons régionales.

–  En démocratie, la question essentielle est « la politique suivie répond t’elle aux besoins de l’ensemble des citoyens? » et non pas qui gouverne (par exemple la région).

Si au sondage Sofres réalisé fin 2009 pour le CEVIFOP dans le cadre du barometre de confiance politique 67% des français affirment « Je n’ai confiance ni dans la droite ni dans la gauche pour gouverner le pays » c’est parce qu’ils pensent que les querelles politiciennes empêchent de résoudre les grands problèmes auxquels ils sont confrontés dans la vie de tous les jours (emploi, pouvoir d’achat, environnement, sécurité….).

Comme l’affirme pour France 2 Pascal Perrineau Directeur du Cevifop si « les français ont confiance dans les mécanismes de la démocratie mais pas dans ceux qui l’exercent », ce constat est toutefois moins négatif pour les responsables locaux : 69% de confiance pour le conseil municipal, 65% pour le conseil général et 64% pour le conseil régional.

Comme nous l’affirmons ici depuis toujours, pour les français, les lieux de reconstruction d’un nouveau rapport à la politique via un réinvestissement des citoyens, passe d’abord par les élections locales.

Le MoDem, mouvement fondé sur cette intuition du relèvement de la France par ses propres forces citoyennes, doit avoir l’ambition de porter par l’ensemble de ses candidats, avant tout les initiatives citoyennes et l’idée d’exercice citoyen du pouvoir, et de contrôle citoyen de cet exercice.

L’ambition de ces candidats doit être le service de leurs concitoyens. Nous appelons le Mouvement a réaffirmer cette ambition pour faire taire les impatiences manifestées ici ou là quand aux places éligibles sur des listes électorales. Il y a mille et unes manières de se mettre au service du Peuple, toutes sont nobles.

Le défi politique de la proximité (représentants/citoyens) c’est à dire la prise en compte des préoccupations des citoyens par des actions politiques répondant à l’intérêt général (à l’opposé donc de la démagogie, la définition de l’intérêt général nécessitant la délibération) est bien la clé du succès de cette campagne des régionales 2010.

En effet, les français dans cette même enquête Sofres pour le CEVIFOP répondaient dans 70% des cas que le meilleur défenseur de l’intérêt des citoyens c’est eux mêmes !!!!  contre 2% les élus politiques et 1% les partis !!!!!!!! Pourtant dans cette même enquête 53% des personnes interrogées affirmaient être intéressées à la politique.

Ce sont avec ces citoyens qui se sentent concernés par la vie politique mais qui ne se retrouvent pas dans les moeurs politiques « anciens » que le MoDem aurait dû davantage construire, et doit déjà à l’occasion de ces régionales construire, avec eux et pour eux des réponses concrètes pour l’amélioration de leur vie au quotidien!

– La nécessaire émergence d’une force politique indépendante d’interposition entre gauche et droite pour plaider la cause des citoyens.

François Bayrou a raison d’appeller au cessez-le-feu entre gauche et droite mais le MoDem ne peut être crédible dans proposition d’alternative encore une fois fondatrice « de la France de toutes nos forces » que s’il n’y participe pas d’une manière ou d’une autre.

Aussi difficile que cette position puisse être à la fois à expliquer aux citoyens (nous n’avons jamais souscrit à cet argument : souvenez vous des 67% !!!!!!!!) et surtout à assumer par des hommes et femmes politiques soucieux d’action, pour nous l’indépendance du MoDem,  est la seule garantie pour les citoyens réellement soucieux du bien commun, de se doter d’un outil efficace à leur service.

Un parti, mouvement constitué de citoyens engagés, acteurs de la vie politique (comme 70% le revendique) devant rendre compte non pas au chef du parti « majoritaire » mais aux électeurs, voilà qui serait réellement nouveau dans la vie politique française.

Pour nous cela est et cela restera notre ultime conviction et notre combat politique d’aujourd’hui et de demain. Soyons nombreux au MoDem à y participer. Oeuvrons pour que les forces citoyennes et démocrates et donc avec eux les citoyens entrent dans les conseils régionaux!

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Alliés ? A lier ? ou Aliens? Ne pleurons pas sur l’UDF!

Au moment où les nuages s’accumulent sur notre pays dont les maux refont évidemment surface en cette fin d’année propices aux bilans et aux prises de date ou de rendez-vous, le MoDem serait bien inspiré de s’en tenir à la simple défense juridique de ses droits et ne pas verser de larmes sur l’éventuelle reprise du logo UDF. Occupons nous du MoDem laissons les vrais-faux alliés de Nicolas Sarkozy à leur folle tentative de faire revivre l’UDF !

Attention Monsieur Sarkozy vos ralliés du Nouveau Centre sont de mauvais alliés !

Avec la même largesse d’esprit que ce grand démocrate qu’est JF Coppé qui suggère à longueur d’interviews que François Bayrou est le problème des socialistes et qu’il leur laisse bien volontiers, eh bien considérons pour notre part que le problème du Nouveau Centre, c’est depuis 2007 celui de notre Président de la République et non le notre. Gageons que notre monarque républicain, si habile à manier les crocs en tous genre, saura rappeler le dissident Morin à la raison dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Le plat sera plus ou moins froid mais le menu sera toujours le même : « plumer la volaille centriste » selon l’expression du Président Chirac.

Toutefois à la différence de Monsieur Coppé et comme 52% des sympathisants du MoDem et 40% des français, nous regrettons ici que cette future remise en ordre de la majorité présidentielle se fera bien évidemment au détriment de la vitalité de la démocratie française sur les braises desquelles MM MORIN, de CHARETTE et GISCARD ont entrepris de souffler. Partisan d’un retour aux sources du MoDem, nous considérons bien sûr que la bipolarisation de la vie française engendrée par l’élection présidentielle qui casse la France en deux tous les 5 ans désormais, ne peut produire autre chose qu’un bipartisme réducteur du Peuple citoyen et écraseurs de partis satellites vassalisés.

Dans notre cadre institutionnel, le pluralisme est toujours vécu comme un talon d’Achille de majorités de fortune faites de ralliements de personnalités politiques ou de « syndicats d’élus » plus que de rassemblement autour de projets réellement alternatifs.

Fort d’une expérience de moults alternances comptabilisées comme autant d’échecs sur le plan de l’efficacité du Politique et de l’absence de retour à la responsabilité des citoyens, ici nous n’admettrons jamais qu’il y ait une fatalité à ce spectacle politique désolant que nous pouvons sans nous tromper annoncer de querelles intestines et de rivalités stériles alors que la maison France est au bord de l’incendie.

Attention Monsieur Morin votre idée de faire du vintage en politique est totalement folle !

Comme nous l’avons écrit il y a quelques jours, votre idée de récupérer la « marque UDF » est au-delà de l’aveu d’échec du Nouveau Centre, tout à la fois une escroquerie politique et intellectuelle, mais aussi totalement illusoire. Rien de ce qui faisait que l’UDF était l’UDF ne subsiste dans la France de 2010! Faire renaitre « une UDF nouvelle » et a fortiori « ce grand parti du centre droit (qui) manque cruellement à la vie politique » selon la formule d’Hervé de Charette citée par Le Monde, est au mieux une douce utopie, et au pire une affabulation totale destinée à tromper quelques électeurs nostalgiques d’un temps évidemment totalement révolu. S’il est possible que les -par nous honnies- élections présidentielles se gagnent encore au centre, il est depuis de nombreuses années clair que le leadership de « la droite » se gagne lui clairement et nettement à droite… Et cela ne sont pas les peu ragoutants espoirs de MM Morin, de Charette et Giscard d’Estaing de tirer un éventuel profit des déconvenues actuelles de l’exécutif auquel ils sont associés qui changeront des données de fonds qui tiennent pour l’essentiel à la sociologie électorale comme l’indiquent les manoeuvres répétées de notre Président d’en raviver les ressorts (sécurité, immigration, identité nationale) à chaque élection.

Plus illusoire encore Monsieur Morin est de croire un seul instant et faire croire avec autant d’aplomb qu’il y avait sans doute de vide dans le projet politique actuel du Nouveau Centre, que « la nouvelle UDF » s’inscrirait dans une démarche datant du milieu des années 70 (du début du septennat Giscard) fondée sur « un humanisme moderne » (propos rapportés par Le Point). Attention Monsieur Morin, vu de l’UMP depuis que le MoDem a appelé son projet « Le projet humaniste » (cliquer sur le lien pour le télécharger) tout ce qui touche à l’humanisme a un côté sulfureux, tenez le vous pour dit !

Ne nous inquiétons pas chers amis du MoDem, ces agitations politiques sont l’oeuvre d’aliens !

Selon le dictionnaire sensagent « Alien est un mot anglais (du latin aliēnus) qui signifie « être étranger à quelqu’un ou quelque chose », et qui peut désigner une personne d’origine étrangère résidant dans un certain pays, ou bien une forme de vie extra-terrestre ».

Oui chers amis, cette cuisine politicienne, ces jeux de cartes et de dès politiciens sont à mille lieux du plan de relance citoyen que nous appelons ici de nos voeux pour éviter à notre pays un krach démocratique au printemps prochain.

Ces responsables politiques vivent sur une autre planète, de celle où l’on croit que c’est un grand parti du centre droit qui manque à la France, ou encore que c’est un grand leader d’un grand parti de centre droit qui manque à la France (car élection présidentielle oblige chers amis l’un ne peut pas aller sans l’autre !!!) alors que pour résoudre leurs difficultés les Français eux pensent que ce qui manque à la France, c’est « un modèle de pouvoir moins personnel et plus à l’écoute des citoyens ». Bref ce qui manque à la France c’est un Mouvement démocrate fédérateur d’initiatives citoyennes s’appuyant sur son implantation locale.

Or, au moment où le Premier Ministre François Fillon annonce que le chômage va continuer de croitre, au moment où des secteurs entiers de notre économie sont plongés dans des difficultés graves (voir ici pour la production laitière et les transports routiers) au moment ou des individus souffrent de mauvaises conditions de travail au point d’attirer l’attention sur eux par des tentatives de suicides ou des procès…  d’autres au plus haut sommet de l’Etat élaborent de mauvais scénarios de politique fiction avec de la naïveté de croire qu’il suffit d’ajouter « moderne » à humanisme comme « nouveau » à centre pour se différencier de nous et s’adresser aux français!!!

Laissons tous ces gens à leurs petits calculs et à leurs chimères dont notre hyper Président ne fera bientôt qu’une bouchée, et consacrons nous à la seule tâche qui vaille en politique : associer les citoyens à la construction de leur destin!




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Corinne, Jacques (x2), Ségolène … humanisme et rassemblement

Le congrès d’Arras est un moment important pour le MoDem qui s’y est doté d’un programme qui lui confère une identité de Mouvement démocrate au service de la République française. Il est effectivement essentiel de préciser où sont ses racines et vers où nous conduirons nos ailes pour aller à la rencontre de nos concitoyens et de leur proposer un chemin pour notre destin commun dans ce qui forme la France.

Quand un Mouvement se réclame de l’humanisme et qu’il entends jouer un rôle central dans le rassemblement des  forces politiques susceptibles d’entrer dans un grand arc central, il est bon de se souvenir au-delà de la satisfaction convenue d’après congrès, que l’homme ou la femme publique n’est « grand(e) » en démocratie que lorsqu’il s’efface derrière l’idée ou le projet qu’il porte. De Gaulle, Churchill, Mandela, Gandhi, Walesa, Jaurès, Luther King… ne sont retenus dans l’histoire que parce qu’ils incarnent une idée, un combat, un rassemblement qu’ils initièrent mais qui les dépassent.

Nous dirons et redirons toujours ici que la noblesse de l’homme ou de la femme politique est d’être « au service de ». Au service du citoyen, au service des citoyens donc au service d’une idée du bien commun et de l’intérêt général, et donc au service d’un combat pour rassembler autour de l’idée que l’on se fait de cet intérêt général. Le reste est pour nous soit illusion, soit dévoiement de la grandeur du politique et renoncement à faire de la politique autrement.

Corinne Lepage est dans son rôle de militante du MoDem, lorsqu’elle insiste sur le fait qu’humanisme et rassemblement se conjuguent d’abord dans la proximité et au quotidien.

 » Vivre ensemble est aujourd’hui la seule condition pour qu’une société résiste à la tentation de perdre en humanité. » affirme le projet du MoDem (avant projet diffusé avant le congrès). Porter un projet humaniste c’est à l’évidence porter un projet ou le « vivre ensemble » ou le « vouloir vivre ensemble » cher à Alain Touraine est l’alpha et l’oméga des orientations politique. Faire cité, promettre aux citoyens d’user de leur liberté, de leur responsabilité, de leur solidarité pour s’accorder sur leur devenir est l’ambition du responsable politique humaniste. Or, surtout en ces périodes difficiles où le totem argent à envahit l’espace public, ce ne sont pas par des incantations que l’on peut prétendre hausser à nouveau le niveau moral de la Nation et entrainer le Peuple a prendre en main son destin, avec sérieux, courage, lucidité et effacement des intérêts privés devant l’intérêt général. C’est seulement par une pratique irréprochable du débat citoyen, de l’attribution des mandats, du respect des mandats reçus, et donc du respect tout court du citoyen et plus généralement de l’Autre que l’on pourra donner à la société un visage plus humain, car elle sera composée de visages humains.

Comme le relate le Figaro, si François Bayrou peut se réjouir que le rassemblement du MoDem à Arras soit un fait, avec Corinne Lepage, ici nous  souhaitons dans la fidélité au projet humaniste qui est le notre, le rassemblement soit aussi une attitude, un accueil et une ouverture à l’Autre dans sa divergence d’idée et dans ses remarques constructives.

La  « Nouvelle société » de Jacques Chaban Delmas et Jacques Delors illustre la capacité des humanistes à se rassembler autour d’un projet pour les Français et pour la France.

Il n’y a pas de hasard, si François Bayrou a été très applaudi lorsqu’il a évoqué à la tribune du Congrès d’Arras, les promoteurs de la Nouvelle société, Jacques Chaban-Delmas et Jacques Delors, c’est parce que le travail en commun de ces grands hommes politiques illustre parfaitement que l’humanisme est la doctrine qui transcende les clivages politiques français. Plus proche de nous, émanant fort heureusement d’une période moins sombre pour notre pays que le Conseil National de la Résistance si souvent évoqué par ailleurs pour illustrer ce qui rassemble les Républicains, ce moment politique essentiel pour la France a fait souffler un vent de renouveau de la vie politique en tirant les enseignements de la « crise » de Mai 1968. Dans son discours d’investiture le 16 septembre 1969 le nouveau premier ministre de Georges Pompidou, Jacques Chaban Delmas déclarait :  « Il y a peu de moments dans l’existence d’un peuple où il puisse autrement qu’en rêve se dire : « Quelle est la société dans laquelle je veux vivre » et aussi construire effectivement cette société.
(…)
Le nouveau levain de jeunesse, de création, d’invention qui secoue notre vieille société peut faire lever la pâte de formes nouvelles et plus riches de démocratie et de participation, dans tous les organismes sociaux comme dans un État assoupli, décentralisé, désacralisé. Nous pouvons donc entreprendre de construire une nouvelle société. »

Oui, lorsque des hommes soucieux de l’intérêt général mettent en commun leurs idées, leurs énergies, leur courage aussi pour secouer les torpeurs de la vieille société, ils peuvent entreprendre la construction d’une nouvelle.
Mais pour bâtir une nouvelle société  ce sont souvent les bâtisseurs qui manquent à l’appel, davantage que les plans. C’est pourquoi ici nous plaideront inlassablement sur la priorité absolue au réenchantement du  Politique par la participation des citoyens à la vie politique autrement qu’en consommateurs ou en arbitres du grand casting qu’est l’élection présidentielle.

Jacques Chaban-Delmas dans son discours évoquait  « l’importance des forces de résistance au changement » et le « conservateur en chacun de nous, et ceci est vrai dans chacune des tendances de l’opinion, y compris celles qui se réclament de la révolution. » A la lumière de l’échec de la Nouvelle société de Jacques Chaban-Delmas et Jacques Delors, nous serions bien inspirés de débusquer prioritairement ce qui scellera de façon certaine l’échec de tout nouveau projet de société, à savoir le conservatisme de ceux qui pensent que la société se change « par en haut ». En effet, la France ne peut changer que si la volonté et les actes de changement parcourent la société toute entière irriguée par la sève du civisme et de la citoyenneté assumée par chaque français.

Quand Ségolène Royal s’invite au congrès du MoDem et confonds ralliement et rassemblement.

Il est possible de regarder comme l’indique François Bayrou, les propositions de ralliement du MoDem à telle ou telle liste dès le premier tour des élections, quelles soient régionales ou autres, avec sympathie. L’offre de Ségolène Royal qui maitrise l’art de l’invitation sous toutes ses formes n’est ni surprenante, ni scandaleuse en soi (sauf pour  ses adversaires au sein du PS) elle a même la qualité de la clarté et de la transparence.  Mais à elle seule elle illustre bien les raisons pour lesquelles nous soutenons ici que rassemblement et a fortiori émergence d’une nouvelle société basée sur l’humanisme ne peuvent se faire autour d’un projet d’alternance en lien avec une élection présidentielle.

Tout d’abord, le calendrier de cette élection présidentielle vient polluer tout débat de fond fût-il organisé par d’autres partis que le sien.  Nous l’avons vu à l’occasion des élections européennes, nous le subirons à nouveau en tant que citoyens à l’occasion des élections régionales, aucun débat démocratique ne peut désormais échapper à l’emprise de ces élections et à l’empreinte de ceux qui se réclament du statut de présidentiable. Ceci se traduit par un recul catastrophique de la démocratie et de l’expression des citoyens par rapport aux vrais enjeux qui concernent chacune des élections intermédiaires. Aussi, par exemple, l’encre du projet du MoDem n’est-elle pas encore sèche que l’UMP tente de le disqualifier en 4 lettres « le programme adopté par le MoDem à Arras c’est l’IPOD: I comme immobilisme, P comme populisme, O comme opportunisme et D comme démagogie ». Gageons que celui-ci sera examiné à la loupe pour vérifier son Aubry compatibilité, ou bien la tonalité de son « vert »… Où est la démocratie en tant que régime de la délibération en vue de la recherche de l’intérêt général dans tout cela? Nulle part.

Même si dans un esprit de solidarité, nous souhaitons le succès de l’initiative du Parlement de l’alternance, nous sommes fort sceptique au vu de la cacophonie que l’élection présidentielle fait régner au sein de la plupart des formations politiques dites d’opposition que celle-ci puisse aboutir.
Partisan d’une alternative citoyenne et non d’une alternance (dont nous savons bien qu’elle se fera selon les institutions), nous nous faisons le relais de Jean-François Kahn selon son appel dans Marianne n° du 21 au 27 novembre en ses termes :

« (…) favoriser toutes les convergences républicaines constructives qui permettront non pas de préparer de simples alternances, mais d’élaborer de véritables « alternatives ». Travailler. Etudier. Proposer. Rassembler. Construire. C’est l’objectif que se fixe le Centre de réflexion et de recherche pour l’élaboration d’alternatives (Crerrea) que nous avons annoncé cette semaine, l’officielle émergence. Si cette perspective vous séduit ou vous intéresse, si vous désirez rejoindre ce club associatif, soutenir l’initiative par une adhésion (10€), vous pouvez nous envoyez vos coordonnées aux adresses suivantes : lecrrea@gmail.com ou le Crrea 32, rue René-Boulanger, 75010 Paris. »

Pour notre part, nous serons toujours du combat citoyen qui vise à rassembler l’ensemble des humanistes pour débattre de l’intérêt général et du bien commun pour la France, dans une Europe forte et pour un monde plus solidaire.

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L’identité nationale au révélateur des sacrifiés de la côte 140 par JF Kahn

Notre ami Jean-François Kahn dans le dernier numéro de Marianne consacre son bloc note à la question des Minarets et identité sous le titre « Quand les suisses répondent à l’appel d’Eric Besson » . Evidemment avec son talent et ses capacités d’analyse, Jean-François tord le cou à toute instrumentalisation politique, d’où quelle vienne, des questions essentielles pour le « vivre ensemble » que sont l’identité nationale et la laïcité.

Il redit magistralement qu’il est impossible de répondre à la question de ce qui fait l’identité française, lisons le !

« Je veux, à ce sujet, vous raconter une histoire. En mai 1915, la France lança une grande offensive en Artois pour tenter de reconquérir le bassin minier. Ce fût un échec qui, en quelques jours, engloutit plus de 200 000 hommes. L’assaut se brisa sur une triple réseau de tranchées et de blockhaus allemands.

Une exception cependant : une division du 33è corps, pour la première fois depuis le début du conflit, parvint à traverser les lignes ennemies et à s’emparer de la stratégique côte  140 devant le village de Vimy qui dominait la plaine de Lens.

Charge héroïque qui vit des héros antiques, en élan irresistible, tout emporter sur leur passage en hurlant « Vive la France! » et en brandissant des drapeaux qui n’étaient d’ailleurs pas tous tricolores. Les premiers tués, que l’on enterra sur place selon le rite musulman, s’appelent Fenni Ben Smaïl, Ben Faran ou Bellah Amar, originaires d’Algérie ou de Tunisie. A leurs côtés, qui trouve-t-on? Des volontaires américains, espagnols, des exilés tchèques, polonais, russes. Cet artisan morave, ce mineur polonais, ce cordonnier croate ont choisi la France parce qu’elle incarne à leurs yeux le droit de leur propre peuple à disposer de lui-même. Ce Russe parce que l’existence de la République aux trois couleurs lui apparaît comme un affront nécessaire à l’autocratisme tsariste.  Ce Canadien, dont l’amour de Paris vrille le coeur, est conducteur d’une grande échelle de pompiers à Montréal. Cet italien d’1,95 m, qui a lu Jaurès, est venu mettre au service de la patrie des droits de l’homme ses talents de tireur d’élite. Ce natif de Varsovie est accouru des Etats-Unis, son autre « deuxième patrie ». Le brancardier Van Mengen, blessé à mort, est belge. Théodoraxis fauché par une mitrailleuse est grec. Parmi les Tchécoslovaques, Joseph Pultr est membre du mouvement démocratique Sokol, son compatriote Joseph Sibal fut président de l’Association socialiste Rovnost, le Pragois Kupta est peintre cubiste : ils se feront tous tuer aux côtés de Karel Bezdicek, leur porte-drapeau. Quant à celui qui, volontaire lui aussi, se fera chroniqueur de cette fulgurante épopée, Blaise Cendrars, il est suisse.

Abandonnés à eux mêmes, privés de renforts, plus des deux tiers d’entre eux y laisseront la vie.

C’est quoi, Monsieur Besson, l’identité française? Y répondre précisément est impossible, car c’est toujours la résultante d’une aventure improbable. C’est précisément cette impossibilité de la réponse qui fait l’identité française. »

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De la « marque UDF », au « parti durable » et à l' »arc central »

Le congrès d’Arras a (re)mis le MoDem dans l’actualité indirectement ou directement. Les débats autour de ce congrés du MoDem ont déjà, à cette heure, été marqués par 3 temps où ont été dites des choses fort intéressantes pour l’avenir de notre Mouvement.

Dans un premier temps, Hervé Morin tente de sauver le Nouveau Centre avec une bouée nommée UDF.

Au delà d’un constat de faiblesse ou d’échec pour le NC, cette volonté d’utiliser la « marque UDF » est à la fois totalement illusoire et une escroquerie intellectuelle et politique.

C’est illusoire dans la mesure où l’UDF a été plusieurs fois enterrée non pas lors de sa fin de cycle (en 2007) avec la création du MoDem, mais à chaque fois que les plaies du système politique français (alternance liée à la présidentialisation du régime, bipolarisation, bipartisme avec vassalisation de toutes forces « minoritaire ») l’ont conduit à s’écarter là également de son rôle et sa mission d’origine « unir pour la démocratie française »…

C’est une escroquerie intellectuelle et politique car évidemment « la marque UDF » correspondait à un produit qui n’existe plus… Le packaging est sans doute encore attractif pour certains concitoyens nostalgiques d’un parti de centre droit humaniste, social et européen, mais ce parti pour être cela était un parti pluriel unissant des libéraux, des démocrates sociaux, des radicaux, des sociaux-démocrates, des adhérents directs.. etc… Hervé Morin n’abusera pas grand monde tellement les forces vives de l’UDF ont été éparpillées à tous les vents puis trop souvent annexées ou enrolées dans le parti « majoritaire » symbolisant la dérive anti-démocratique de cette république où le Peuple est plus spectateur qu’acteur de son destin…

Dans un second temps, Daniel Cohn-Bendit conseille à François Bayrou de construire un parti durable.

Partisan d’une ouverture d’Europe Ecologie et des « forces de gauche » au MoDem, avec beaucoup de sincérité et de pertinence (nous faisons ici la même analyse et proposition depuis 2 ans), DCB indique dans le Nouvel Obs de cette semaine : »le problème avec François Bayrou est assez simple : soit il a l’intelligence de construire un vrai mouvement politique démocrate et autonome » soit « il continue dans la seule construction d’une candidature présidentielle ». « C’est le choix entre un parti durable ou une simple écurie ».

Ici nous avons fait le choix d’un parti durable dès le départ, avec ce plaidoyer pour un MoDem ayant pour objectif 2112 ! Pour un choix d’un Mouvement autonome c’est-à-dire indépendant pour être le Mouvement de la France de toutes ses forces et non de la moitié d’entre elles, donc pour être le parti de l’alternative citoyenne plutôt que de l’illusoire alternance politique…

Dans un troisième temps, François Bayrou conçoit le MoDem  comme le pivot d’un « arc central » républicain

S’exprimant dans le Figaro à la veille du Congrés d’Arras, François Bayrou semble renouer avec la France de toutes nos forces (aux sources du MoDem) en parlant d’un grand « arc central » comportant « socialistes ou Verts, écologistes, droite sociale, républicains ». Toutefois notre Président, dans le même temps semble s’écarter de la priorité à la construction d’un Mouvement démocrate autonome en, d’une part assujettissant le rassemblement de ces forces en vue d’une alternance (la présidentielle de 2012), et d’autre part, en visant un plus petit dénominateur programmatique commun.

Or la construction d’un Mouvement démocrate autonome, selon nous, passe au contraire par comme l’indique d’ailleurs avec force les français et les sympathisants du MoDem dans un sondage BVA réclamant un MoDem au service des citoyens, la reconquête par les citoyens de leur pouvoir et donc une Présidence « modeste » et à l’écoute. C’est en effet en donnant, selon les propres termes de F Bayrou « confiance à la société », c’est-à-dire concrétement en faisant des élections locales, voire des élections législatives, les points de départ d’un plan de relance citoyen. C’est donc en partant, selon nous, de là où les citoyens se trouvent, c’est-à-dire pas au sommet de la pyramide des institutions, mais à sa base que nous réconcilieront les français avec la politique et surtout régleront les problèmes qui obscurcissent terriblement leur avenir, notre avenir, l’avenir de la France.

Le rapprochement des citoyens avec la classe politique et la chose publique, est d’ailleurs semble t’il à nouveau dans les priorités du Mouvement démocrate, nous nous réjouirons ici si nos propres dirigeants entendent la première mission que les français veulent voir assumée par le MoDem : “proposer aux Français un modèle de pouvoir moins personnel et plus à l’écoute des citoyens” (à 52% pour les français, et 57% pour les sympathisants du MoDem!!).

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L’identité se définit en marchant par JF Bouthors

L’éditeur et écrivain Jean-François Bouthors a publié dans le quotidien régional Ouest-France du 23 novembre, et sur son blog, un point de vue intitulé « L’identité se définit en marchant » qui me semble être une des plus belles réponses sur le fonds et la forme à l’utilisation électoraliste d’un thème auquel l’immense historien Fernand Braudel avait consacré deux tomes pour en définir les contours : l’identité nationale.

Voici ce texte :

« La France a-t-elle besoin de s’allonger sur le divan de l’identité nationale ? Gérard Larcher, président du Sénat, comparait récemment le débat voulu par le président de la République à une psychanalyse. Notre Marianne serait-elle malade ?

Une fois de plus, on ne peut que déplorer le décalage entre l’effervescence politico-médiatique et la réalité économique et sociale, et ses conséquences sur la vie des Français. Va-t-on consacrer autant d’énergie pour regarder la situation des cités ghettos où « rouillent » des jeunes sans avenir ? Ce sont ces problèmes réels qui font parfois douter les Français d’eux-mêmes.

En matière d’identité personnelle, on sait bien que la première des choses, c’est de remettre de l’ordre dans la maison, c’est-à-dire de commencer par régler les problèmes concrets. C’est ainsi qu’en général, s’apaisent les plus sombres états d’âmes. Dans cette confrontation au réel, les valeurs cessent d’être simplement de beaux discours dont on se gargarise : elles se traduisent dans des choix et des mises en oeuvre.

Dans ses aspects les plus profonds, l’identité se constate plus qu’elle ne se décrète. Pour nous Français, c’est un mélange subtil de terroirs, d’accents, d’usages et de dosages qui composent notre paysage mental et social, sans donner lieu à théorie. Si l’on veut en dire plus, on risque d’annexer des valeurs « universelles » qui sont les nôtres, mais sont partagées aussi par beaucoup d’autres, en Europe et au-delà. Quelle démocratie ne prétend pas combiner, à sa manière, l’égalité, la liberté et la fraternité ?

L’identité est aussi ¯ mais on évite souvent d’en parler ¯ l’héritage de blessures mal cicatrisées : le passé colonial, les défaites militaires et ces « passés qui ne passent pas », les vieilles traditions discutables, comme le centralisme ou l’esprit de caste qui demeurent encore ici ou là. Voire des mensonges collectifs comme notre capacité à nous prendre pour le centre du monde, notre penchant à la pensée unique, notre rapport complexé aux religions…

On aura sans doute raison de ne pas s’attaquer frontalement à ces caractères parfois figés, parce que l’identité nouvelle s’élabore en affrontant le présent, en se tournant vers l’avenir. Comme la marche se prouve en marchant.

La Cité nationale de l’histoire de l’immigration inaugurait, il y a peu, l’exposition « Générations », sur un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France. Le sourire et la fierté de tous ces Français venus du Maghreb, présents ce soir-là, heureux que leur soit faite une place dans la mémoire de notre pays dont ils ont épousé les valeurs, étaient beaux à voir. Ils disaient à quel point l’identité se trouve dans la rencontre ¯ parfois conflictuelle ¯ de l’autre, plus que dans un regard inquiet sur soi-même. »

Les termes ont été soulignés en gras par nos soins.

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Les français ambitieux pour un MoDem à leur service

Quand les français parlent du MoDem à quelques jours du congrès d’Arras il serait suicidaire de ne pas les écouter et a fortiori de ne pas les entendre. Le sondage BVA « les français et le MoDem » pour La Matinale de Canal + est riche d’enseignements pour ceux d’entre nous qui voudront bien y prêter attention.  Comme il a été indiqué par certains commentateurs, il valide le projet fondateur du MoDem, un MoDem version 2007, le MoDem de « la France de toutes nos forces ».

Il indique avec une force, que cela serait une erreur et même une faute contre l’avenir, d’oublier que l’espace politique d’un MoDem retrouvant sa place de 2007 (18% des voix) et allant même bien au delà de celle-ci, est celui d’un MoDem qui revient à ses fondamentaux.

A ceux d’entre nous qui auraient oubliés ces fondamentaux du MoDem, les français les rappellent avec force dans ce sondage :

1. Le MoDem doit être un mouvement politique au service des citoyens

La nouveauté qu’apporte, en 2007, le MoDem dans le paysage politique français victime d’une sclérose telle qu’elle aboutit à l’aggravation de tout les grands problèmes (logement, éducation, justice, déficits sociaux et publics, crise secteurs économiques entiers…) est une idée nouvelle aussi vieille que la démocratie : il appartient à l’ensemble des citoyens de définir l’intérêt général. Il appartient à toutes les forces citoyennes, républicaines et démocratiques de définir l’avenir de la France. C’est le sens de la France de toutes nos forces.

Cette idée nouvelle, c’est donc un Mouvement démocrate qui est au service de l’ensemble de nos concitoyens quelques soient leurs appartenances politiques d’origine (sauf celles rejettant la démocratie), et  surtout de ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’ancienne façon de « faire de la politique » qui consiste pour résumer à faire (dans le meilleur des cas) pour eux mais sans eux.

En effet selon ce sondage, pour les français à 52%, comme pour les sympathisants du MoDem à 57%, la première mission du MoDem  doit être de « proposer aux Français un modèle de pouvoir moins personnel et plus à l’écoute des citoyens ». Cette affirmation est d’ailleurs à rapprocher de l’enseignement que pour seulement 4% des Français et 16% des sympathisants du MoDem la mission de celui-ci doit être de « Porter François Bayrou à la présidence de la République ». Evidemment si ici, nous plaidons depuis 2007 pour que le MoDem soit un Mouvement fédérateur d’initiatives citoyennes, c’est que nous sentons tous les jours et en écoutant nos concitoyens que cette exigence « d’outil politique » au service des citoyens est extrêmement forte et traverse la société française toute entière.

Nous retrouvons également cette idée d’un Mouvement au service des citoyens, au travers de la 2ème mission que les Français (à 51%) et les sympathisants du MoDem (à 56%) souhaitent voir le MoDem porter : Défendre une économie de marché plus soucieuse de justice sociale. En effet, une économie plus soucieuse de justice sociale est une économie plus à l’écoute des besoins et des attentes de l’ensemble des citoyens.

2. Le MoDem doit être un mouvement indépendant (ou à tout le moins trait d’union entre les Français)

Ici nous avons toujours soutenu, et soutiendrons toujours, que la condition de la réalisation des missions sus rappellées et voulues par les Français pour le MoDem est son indépendance. Il ne saurait y avoir d’alternative citoyenne dans le cadre d’une piteuse alternance « gauche-droite » même redéfinie et rebadigeonnée de couleur arc-en-ciel ou mauve.  Ce qui intéresse les Français, et donc ce qui nous intéresse, c’est que « grenelle » après « grenelle » ou tout autre forme de débats nationaux, ce soit l’ensemble des forces citoyennes de France, et non pas la moitié d’entre elles qui tentent d’apporter des réponses « radicalement citoyennes » aux grands problèmes de notre pays sus-cités.

Que l’on ne nous objecte pas les institutions de la Vème république  auxquelles les français seraient particulièrement attachés, et la sacralisation du Président de la République comme clé de voute de celles-ci car comme nous venons de le dire : les Français souhaitent « un modèle de pouvoir moins personnel et plus à l’écoute des citoyens ». C’est d’ailleurs ce que François Bayrou lui même définissait comme urgence et objectif principal dans Abus de pouvoir : redonner confiance à la société. Redonner confiance à la société, c’est d’abord renoncer à la personnalisation du pouvoir, renoncer à la présidentialisation du régime politique et renoncer aux chimères d’un homme providentiel qui restant élu par une moitié des Français aura du mal à incarner la France de toutes ses forces. Sauf s’il promeut, ici et maintenant, et partout les énergies citoyennes et conçoit son rôle et sa mission de Président comme un fédérateur d’initiatives citoyennes d’où qu’elles viennent.

Comme nous l’avons toujours soutenu ici, les Français affirment à 40% que la 3ème mission du MoDem doit dépasser les clivages traditionnels droite-gauche et ce chiffre est porté à 52% par les sympathisants du MoDem.

En conséquence logique de ce dépassement des clivages partisans, s’agissant d’éventuelles alliances avec d’autres forces politiques, l’option de l’indépendance du MoDem, loin d’être incomprise des français est celle qui obtient la majorité relative des suffrages parmi eux (38% des français) et parmi les sympathisants du MoDem.

L’idée donc d’un MoDem mouvement civique résolument indépendant n’est utopique que pour celles et ceux pour qui, dans la démocratie représentative, ce sont les représentants qui comptent plus que les représentés. Ici nous affirmons avec force que le Peuple de citoyens prime sur l’Etat spectacle et ses illustres représentants.

Nous affirmons que la regénérescence de la démocratie française, passant par un plan de relance citoyen contre le krach démocratique que nous subissons, comme condition essentielle notamment du renforcement du lien social dans notre pays du « vouloir vivre ensemble », passe d’abord par un Mouvement Démocrate, ancré dans la vie locale, dans nos territoires, et outil du citoyen pour le respect de l’intérêt général. C’est un comble qu’il faille qu’un saltimbanque (sans que ce terme aie ici une connotation péjorative) comme Patrick Sebastien menace ou veuille entrer dans la vie politique pour exiger le respect des citoyens sur le fondement de l’humanisme (P. Sebastien veut créer un « greenpace de la politique »)! Le MoDem de 2007 ne se réclamait-il pas de l’un -le citoyen- et de l’autre -l’humanisme pour le XXIème siècle? A nous militants du MoDem d’occuper ce terrain, pour cela l’indépendance est évidemment nécessaire !

De même le succès d’Europe Ecologie n’est-il pas du à la reprise par D Cohn Bendit du positionnement « citoyen » du MoDem et de François Bayrou (cf CDB appellant dans Marianne à remplacer des majorités de gauche ou de droite par des majorités qui marchent).

A une semaine du Congrès d’Arras, le MoDem pour définir son avenir, devra se souvenir d’où il vient -la France de toutes nos forces, qui suppose l’indépendance- et s’appuyer sur ce qu’attendent les français de lui : être proches d’eux en tant que citoyens, être à leur côté dans leurs difficultés de tout les jours et régler ensemble celles du pays!

Oui les français sont ambitieux pour un MoDem à leur service, et ils ont mille fois raison de l’être !!! Ne les décevont pas !!!!!

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