Corinne, Jacques (x2), Ségolène … humanisme et rassemblement

Le congrès d’Arras est un moment important pour le MoDem qui s’y est doté d’un programme qui lui confère une identité de Mouvement démocrate au service de la République française. Il est effectivement essentiel de préciser où sont ses racines et vers où nous conduirons nos ailes pour aller à la rencontre de nos concitoyens et de leur proposer un chemin pour notre destin commun dans ce qui forme la France.

Quand un Mouvement se réclame de l’humanisme et qu’il entends jouer un rôle central dans le rassemblement des  forces politiques susceptibles d’entrer dans un grand arc central, il est bon de se souvenir au-delà de la satisfaction convenue d’après congrès, que l’homme ou la femme publique n’est « grand(e) » en démocratie que lorsqu’il s’efface derrière l’idée ou le projet qu’il porte. De Gaulle, Churchill, Mandela, Gandhi, Walesa, Jaurès, Luther King… ne sont retenus dans l’histoire que parce qu’ils incarnent une idée, un combat, un rassemblement qu’ils initièrent mais qui les dépassent.

Nous dirons et redirons toujours ici que la noblesse de l’homme ou de la femme politique est d’être « au service de ». Au service du citoyen, au service des citoyens donc au service d’une idée du bien commun et de l’intérêt général, et donc au service d’un combat pour rassembler autour de l’idée que l’on se fait de cet intérêt général. Le reste est pour nous soit illusion, soit dévoiement de la grandeur du politique et renoncement à faire de la politique autrement.

Corinne Lepage est dans son rôle de militante du MoDem, lorsqu’elle insiste sur le fait qu’humanisme et rassemblement se conjuguent d’abord dans la proximité et au quotidien.

 » Vivre ensemble est aujourd’hui la seule condition pour qu’une société résiste à la tentation de perdre en humanité. » affirme le projet du MoDem (avant projet diffusé avant le congrès). Porter un projet humaniste c’est à l’évidence porter un projet ou le « vivre ensemble » ou le « vouloir vivre ensemble » cher à Alain Touraine est l’alpha et l’oméga des orientations politique. Faire cité, promettre aux citoyens d’user de leur liberté, de leur responsabilité, de leur solidarité pour s’accorder sur leur devenir est l’ambition du responsable politique humaniste. Or, surtout en ces périodes difficiles où le totem argent à envahit l’espace public, ce ne sont pas par des incantations que l’on peut prétendre hausser à nouveau le niveau moral de la Nation et entrainer le Peuple a prendre en main son destin, avec sérieux, courage, lucidité et effacement des intérêts privés devant l’intérêt général. C’est seulement par une pratique irréprochable du débat citoyen, de l’attribution des mandats, du respect des mandats reçus, et donc du respect tout court du citoyen et plus généralement de l’Autre que l’on pourra donner à la société un visage plus humain, car elle sera composée de visages humains.

Comme le relate le Figaro, si François Bayrou peut se réjouir que le rassemblement du MoDem à Arras soit un fait, avec Corinne Lepage, ici nous  souhaitons dans la fidélité au projet humaniste qui est le notre, le rassemblement soit aussi une attitude, un accueil et une ouverture à l’Autre dans sa divergence d’idée et dans ses remarques constructives.

La  « Nouvelle société » de Jacques Chaban Delmas et Jacques Delors illustre la capacité des humanistes à se rassembler autour d’un projet pour les Français et pour la France.

Il n’y a pas de hasard, si François Bayrou a été très applaudi lorsqu’il a évoqué à la tribune du Congrès d’Arras, les promoteurs de la Nouvelle société, Jacques Chaban-Delmas et Jacques Delors, c’est parce que le travail en commun de ces grands hommes politiques illustre parfaitement que l’humanisme est la doctrine qui transcende les clivages politiques français. Plus proche de nous, émanant fort heureusement d’une période moins sombre pour notre pays que le Conseil National de la Résistance si souvent évoqué par ailleurs pour illustrer ce qui rassemble les Républicains, ce moment politique essentiel pour la France a fait souffler un vent de renouveau de la vie politique en tirant les enseignements de la « crise » de Mai 1968. Dans son discours d’investiture le 16 septembre 1969 le nouveau premier ministre de Georges Pompidou, Jacques Chaban Delmas déclarait :  « Il y a peu de moments dans l’existence d’un peuple où il puisse autrement qu’en rêve se dire : « Quelle est la société dans laquelle je veux vivre » et aussi construire effectivement cette société.
(…)
Le nouveau levain de jeunesse, de création, d’invention qui secoue notre vieille société peut faire lever la pâte de formes nouvelles et plus riches de démocratie et de participation, dans tous les organismes sociaux comme dans un État assoupli, décentralisé, désacralisé. Nous pouvons donc entreprendre de construire une nouvelle société. »

Oui, lorsque des hommes soucieux de l’intérêt général mettent en commun leurs idées, leurs énergies, leur courage aussi pour secouer les torpeurs de la vieille société, ils peuvent entreprendre la construction d’une nouvelle.
Mais pour bâtir une nouvelle société  ce sont souvent les bâtisseurs qui manquent à l’appel, davantage que les plans. C’est pourquoi ici nous plaideront inlassablement sur la priorité absolue au réenchantement du  Politique par la participation des citoyens à la vie politique autrement qu’en consommateurs ou en arbitres du grand casting qu’est l’élection présidentielle.

Jacques Chaban-Delmas dans son discours évoquait  « l’importance des forces de résistance au changement » et le « conservateur en chacun de nous, et ceci est vrai dans chacune des tendances de l’opinion, y compris celles qui se réclament de la révolution. » A la lumière de l’échec de la Nouvelle société de Jacques Chaban-Delmas et Jacques Delors, nous serions bien inspirés de débusquer prioritairement ce qui scellera de façon certaine l’échec de tout nouveau projet de société, à savoir le conservatisme de ceux qui pensent que la société se change « par en haut ». En effet, la France ne peut changer que si la volonté et les actes de changement parcourent la société toute entière irriguée par la sève du civisme et de la citoyenneté assumée par chaque français.

Quand Ségolène Royal s’invite au congrès du MoDem et confonds ralliement et rassemblement.

Il est possible de regarder comme l’indique François Bayrou, les propositions de ralliement du MoDem à telle ou telle liste dès le premier tour des élections, quelles soient régionales ou autres, avec sympathie. L’offre de Ségolène Royal qui maitrise l’art de l’invitation sous toutes ses formes n’est ni surprenante, ni scandaleuse en soi (sauf pour  ses adversaires au sein du PS) elle a même la qualité de la clarté et de la transparence.  Mais à elle seule elle illustre bien les raisons pour lesquelles nous soutenons ici que rassemblement et a fortiori émergence d’une nouvelle société basée sur l’humanisme ne peuvent se faire autour d’un projet d’alternance en lien avec une élection présidentielle.

Tout d’abord, le calendrier de cette élection présidentielle vient polluer tout débat de fond fût-il organisé par d’autres partis que le sien.  Nous l’avons vu à l’occasion des élections européennes, nous le subirons à nouveau en tant que citoyens à l’occasion des élections régionales, aucun débat démocratique ne peut désormais échapper à l’emprise de ces élections et à l’empreinte de ceux qui se réclament du statut de présidentiable. Ceci se traduit par un recul catastrophique de la démocratie et de l’expression des citoyens par rapport aux vrais enjeux qui concernent chacune des élections intermédiaires. Aussi, par exemple, l’encre du projet du MoDem n’est-elle pas encore sèche que l’UMP tente de le disqualifier en 4 lettres « le programme adopté par le MoDem à Arras c’est l’IPOD: I comme immobilisme, P comme populisme, O comme opportunisme et D comme démagogie ». Gageons que celui-ci sera examiné à la loupe pour vérifier son Aubry compatibilité, ou bien la tonalité de son « vert »… Où est la démocratie en tant que régime de la délibération en vue de la recherche de l’intérêt général dans tout cela? Nulle part.

Même si dans un esprit de solidarité, nous souhaitons le succès de l’initiative du Parlement de l’alternance, nous sommes fort sceptique au vu de la cacophonie que l’élection présidentielle fait régner au sein de la plupart des formations politiques dites d’opposition que celle-ci puisse aboutir.
Partisan d’une alternative citoyenne et non d’une alternance (dont nous savons bien qu’elle se fera selon les institutions), nous nous faisons le relais de Jean-François Kahn selon son appel dans Marianne n° du 21 au 27 novembre en ses termes :

« (…) favoriser toutes les convergences républicaines constructives qui permettront non pas de préparer de simples alternances, mais d’élaborer de véritables « alternatives ». Travailler. Etudier. Proposer. Rassembler. Construire. C’est l’objectif que se fixe le Centre de réflexion et de recherche pour l’élaboration d’alternatives (Crerrea) que nous avons annoncé cette semaine, l’officielle émergence. Si cette perspective vous séduit ou vous intéresse, si vous désirez rejoindre ce club associatif, soutenir l’initiative par une adhésion (10€), vous pouvez nous envoyez vos coordonnées aux adresses suivantes : lecrrea@gmail.com ou le Crrea 32, rue René-Boulanger, 75010 Paris. »

Pour notre part, nous serons toujours du combat citoyen qui vise à rassembler l’ensemble des humanistes pour débattre de l’intérêt général et du bien commun pour la France, dans une Europe forte et pour un monde plus solidaire.

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