Quand l’alternance torpille l’alternative!

Le must politique du moment c’est « quelles alliances pour battre Nicolas Sarkozy en 2012 ? et quel pourrait être son meilleur challenger? » ! Voilà en une phrase la quintessence de la vie politique française en cette rentrée 2009! N’est-elle pas belle notre République ? n’est-elle pas profonde la vie démocratique dans notre beau pays?

Exit la crise économique et écologique mondiale et leurs conséquences sur l’emploi et la vie quotidienne des français! Exit les déficits publics et les déficits sociaux et donc les problèmes de financement des politiques d’investissement pour l’avenir et pour la santé et les retraites. Exit les crises touchant des pans entiers de l’économie qui vont connaitre ou subir du fait des évolutions des modes de consommations, des réformes des modèles de régulations économiques mondiaux ou européens de profonds bouleversements… Bref exit la vie des citoyens à court, moyen et long terme et place au spectacle !

Certes ce constat ne date pas d’aujourd’hui, il date du moment où du « Président clé de voute de nos institutions » nous sommes passés à « la présidentielle horizon indépassable de nos responsables politiques prétendants au trône de France »! C’est l’émergence de la fameuse ALTERNANCE qui même si elle doit se conjuguer sur des modes un peu moins binaires que la succession Droite/Gauche est censée apporter un beau matin la Lumière là où la veille régnaient les ténébres.

Même si nous sommes ici partisan d’un MoDem résolument indépendant, fidèle à l’intuition initiale et fondatrice de « la France de toutes nos forces » nous ne sommes pas ingénu au point d’ignorer que cette maudite alternance structure pour l’heure la vie politique française « vue d’en haut ». Toutefois, nous sommes suffisamment rebelle aux conformismes et attentif à l’attente de nos concitoyens pour sentir que « vue d’en bas » dans leurs votes successifs (Bayrou en 2007, Europe Ecologie faute d’erreur stratégique du MoDem en 2009) : les français veulent surtout une ALTERNATIVE à la manière dont est conduite la politique dans ce pays.

D’ailleurs, en proposant une paix des braves à François Bayrou, Daniel Cohn-Bendit a bien compris que le vrai et seul clivage politique qui comptera demain, en 2010 et en 2012 et au-delà, c’est celui qui oppose selon ses termes « les ringards »  à ceux qui comme François Bayrou en créant le MoDem puis en appellant à une forme d’insurrection civique pour refonder la République, oeuvrent au renouvellement du rapport des citoyens à la politique. La ligne de fracture passe donc entre ceux qui ne jurent que par l’ALTERNANCE (maintes fois tentée, toujours décevante du point de vue de l’efficacité politique pour conduire de justes et grandes réformes) et ceux qui veulent, avec ou sans changement d’institutions, une ALTERNATIVE qui remette les citoyens au coeur du système politique.

La Présidentielle n’intéresse qu’une poignée d’hommes ou de femmes qui se voient Président(e) depuis tout petit, pour reprendre l’idée du même DCB, l’avenir du pays et de ses citoyens cela intéresse tout les autres. C’est pourquoi à la composition des futures coalitions anti-Sarkozy nous préférons ici débattre des conditions de l’émergence d’un Peuple de citoyens. Des citoyens qui brigueront sous l’étiquette du MoDem ou d’autres Mouvements désireux de porter cette ALTERNATIVE CITOYENNE notamment au sein des enceintes des collectivités territoriales où s’inventent et s’expérimentent les politiques qui changent vraiment la vie (comme l’a montré Adrien Zeller auquel la classe politique unanime a rendu un juste hommage).

Toute orientation stratégique du MoDem qui se traduirait par un reniement des fondamentaux et du premier d’entre eux qui est son positionnement comment Mouvement central (et non centriste) ou encore mieux comme mouvement Devant selon l’expression chère à notre ami Jean-François Kahn se traduirait immédiatement par une banalisation de celui-ci en vulgaire parti croupion de centre-gauche. Et même si parmi les sympathisants du MoDem nombreux (71% selon un sondage) sont partisans d’une alliance avec le Parti Socialiste, nous serons nombreux parmi les militants à nous exclamer « tout celà pour celà » et à être tentés d’exercer notre investissement citoyen sous d’autres formes.

Il n’est pas question dans ces lignes de fustiger les discussions et échanges avec tel ou tel parti de gauche, bien au contraire, un élu MoDem doit pouvoir échanger avec tout élu de l’arc-républicain notamment lorsqu’il est question des intérêts locaux et régionaux ou des questions essentielles concernant l’avenir de notre pays et de sa place et rayonnement dans le monde.

Il s’agit de mettre en garde contre des combinaisons d’appareils en vue de réaliser l’alternance au Président Sarkozy au lieu de réussir l’alternative citoyenne avec l’ensemble des forces politiques qui veulent au delà de changer de politique, changer LA politique.

En clair, nous récusons toute orientation stratégique du MoDem qui serait fondée non pas sur la perspective fondatrice du MoDem de décadenasser la vie politique française mais uniquement de déboulonner le Président Sarkosy ! Nous ne voulons pas que l’alternance torpille l’alternative!

A la satisfaction béate devant ceux qui font « changer les lignes » nous préférons l’audace d’esprit et le courage politique de ceux qui font tomber les barrières entre hommes et femmes d’origines diverses qui se retrouvent sur le projet fédérateur et innovant de changer la place et le rôle du citoyen dans la vie publique et le retour de l’intérêt général comme boussole idéologique commune!

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